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Le Baron Guy-Victor Duperré

 

Né dans une vieille famille rochelaise, vingt-deuxième enfant de Jean Augustin Duperré, conseiller du roi et trésorier de la guerre, et de Marie-Gabrielle Prat-Desprez, Victor Guy Duperré passa quelques années chez les Oratoriens du collège de Juilly, avant de s'embarquer comme mousse, dès l'âge de 16 ans (1791), sur un navire de commerce, le Henri IV, en partance pour les Indes.

Il entra dans la marine militaire (novembre 1792) et servit, durant la guerre contre les Pays-Bas et le Royaume-Uni, sur la corvette Le Maire-Guiton, puis sur la frégate Le Tartu, avant de passer en qualité d'enseigne de vaisseau auxiliaire à bord de La Virginie (mai 1796). Un mois plus tard, fait prisonnier par les Anglais dans un combat de nuit, il fut incarcéré en Angleterre, échangé deux ans après, et reçut le brevet d'enseigne de vaisseau.

Il commanda la corvette La Pélagie puis fut nommé lieutenant de vaisseau (1804), puis adjudant du préfet maritime de Boulogne-sur-Mer. En 1806, il fit campagne au Brésil sur Le Vétéran sous les ordres de Jérôme Bonaparte et fut promu, à son retour, capitaine de frégate (28 septembre 1806). En 1808, il dirigea un convoi de troupes sur la Martinique et, en rentrant en France, il soutint, en vue de Lorient, un combat héroïque contre la croisière anglaise et ne put se sauver qu'en s'échouant à la côte.

Napoléon Ier le nomma capitaine de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur, avant de le promouvoir directement au grade de commandeur. Le 6 décembre 1810, il le créa baron de l'Empire.

Chargé d'une mission à l'Île de France, sur La Bellone, il disputa longtemps cette île aux Anglais, s'emparant ou coulant plusieurs de leurs bâtiments dans les mers de l'Inde, et remportant notamment, le 23 août 1810, la bataille de Grand Port, seule victoire maritime des guerres napoléoniennes, ce qui lui valut d'être promu contre-amiral à son retour en France, en septembre 1811.

De 1812 à 1814, il commanda les forces navales françaises et italiennes de la Méditerranée et de l'Adriatique, ainsi que les forces navales à Venise, qu'il défendit contre les Autrichiens en 1814.

Préfet maritime de Toulon pendant les Cent-Jours en 1815, il fut mis en non-activité par la Restauration, mais rappelé au service en 1818. Il commanda l'escadre chargée du blocus de Cadix, lors de la guerre d'Espagne de 1823, et fut promu vice-amiral en octobre 1823 grand officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis (1824). Il fut nommé inspecteur du 5e arrondissement militaire, puis envoyé à Brest comme préfet maritime (1827).

Bien qu'hostile à l'expédition d'Alger, il fut nommé le 5 février 1830, par le roi Charles X, commandant de la flotte sous les ordres du comte de Bourmont, commandant en chef le corps expéditionnaire contre la régence d'Alger. Cette flotte, qui comportait 103 bâtiments de guerre, 572 navires de commerce transportant 35 000 soldats, 3 800 chevaux et 91 pièces d'artillerie de gros calibre, contribua puissamment à la prise d'Alger. En récompense, il fut fait pair de France le 16 juillet 1830.

Son élévation à la pairie ayant été annulée par la mesure générale prise après la Révolution de 1830, Louis-Philippe Ier le renomma pair de France le 18 août 1830 et le promut au grade d'amiral en mars 1831.

Duperré était alors en Afrique. Rappelé en France en octobre 1831, il fut nommé à la tête du conseil d'amirauté.

Il accepta de devenir ministre de la Marine et des Colonies le 18 novembre 1834 dans le ministère du duc de Trévise, et conserva ce portefeuille dans le ministère du duc de Broglie puis dans le premier ministère Thiers et tomba avec ce dernier le 6 septembre 1836. Il retrouva ce portefeuille du 12 mai 1839 au 29 février 1840 dans le deuxième ministère Soult. Comme ministre, il prit d'importantes mesures d'administration. Après le rejet du projet de dotation pour le duc de Nemours, qui entraîna la chute du cabinet, il déclara : « Le ministère a reçu dans le ventre un boulet qui est allé se loger dans le bois de la couronne. »[1] Il reprit une troisième fois le portefeuille de la marine dans le troisième ministère Soult le 29 octobre 1840, jusqu'à sa retraite définitive le 6 février 1843, pour raisons de santé. Il mourut trois ans plus tard le 2 novembre 1846 à Saint-Servan.

L'amiral Tupinier prononça son Éloge funèbre à la Chambre des pairs. Enterré aux Invalides après des funérailles nationales, son nom figure sur l'Arc de triomphe de Paris. La ville de La Rochelle lui a élevé une statue, inaugurée le 17 octobre 1869 .

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